Audiogramme : test auditif pour identifier un acouphène

21 juin 2017

A l’instar de l’acoumétrie, l’audiogramme est un examen de l’audition réalisé par un médecin ORL ou un audiologiste. Il consiste à mesurer les capacités auditives d’un individu. Les données audiométriques sont retranscrites sur un graphique. Les courbes ainsi obtenues permettent de constater une éventuelle diminution de la capacité à percevoir les sons.

Un acouphène accompagne parfois l’atteinte auditive. Pour déterminer les caractéristiques de ces bruits parasites, on utilise l’acouphénométrie. Elle permet de préciser la fréquence, l’intensité et la nature de l’acouphène.

Audiométrie tonale et vocale

Par définition, l’examen audiométrique se compose d’une audiométrie tonale (liminaire ou supra-liminaire) et d’une audiométrie vocale. Le test tonal mesure le niveau d’audition exprimé en décibels (dB) pour des sons de différentes fréquences exprimées en hertz (Hz). Plus la fréquence est élevée, plus le son est aigu. A contrario, plus elle est basse, plus le son est grave.

Quant au test vocal, il consiste à mesurer la capacité du patient à comprendre la parole. Pour cela, il doit répéter des mots diffusés à différents volumes sonores. L’ensemble de ces écoutes se pratique dans une cabine audiométrique insonorisée pour limiter les perturbations. Dans le cadre du dépistage d’un enfant, la vérification de l’ouïe est adaptée à sa capacité de compréhension en fonction de son âge.

Pourquoi faire un audiogramme ?

Plusieurs situations peuvent nécessiter de procéder à un audiogramme. Si l’on a le sentiment de moins bien entendre les paroles et les bruits du quotidien, la réalisation d’un bilan audiométrique permet de constater le cas échéant la baisse effective de l’audition.

Très souvent, une personne acouphénique présente également une perte auditive identifiable sur l’audiogramme. Après analyse des données recueillies, on envisage si nécessaire le port d’un appareillage adapté pour corriger le déclin de l’audition et/ou atténuer l’acouphène. Le réglage de cette aide auditive est réalisée par un audioprothésiste en fonction des résultats de l’audiogramme.

A l’aide de cet équipement, on parvient à amplifier les sons de l’environnement pour une meilleure perception. On peut aussi masquer le bruit parasite en diffusant un signal acoustique dans l’oreille pour favoriser le processus d’habituation et diminuer la gêne.

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Déroulement d’un audiogramme

En règle générale, un audiogramme se pratique chez un médecin ORL, en clinique ou en hôpital. L’examen est indolore mais il demande une étroite collaboration avec le spécialiste ainsi qu’une concentration attentive.

Le patient est placé derrière la vitre d’une cabine audiométrique. Il se trouve ainsi acoustiquement isolé de tout bruit externe, une condition indispensable à la bonne élaboration du test. L’opérateur est situé quant à lui de l’autre côté de la vitre. Pour communiquer, chacun est équipé d’un casque et d’un micro.

Pendant le test, une machine appelée audiomètre – ou un ordinateur doté d’un logiciel conçu spécialement – transmet les sons aux écouteurs du patient. Elle balaye un spectre de fréquences d’une intensité variable. Si le sujet entend le son, il doit le signaler à l’opérateur soit en levant la main, soit en appuyant sur le bouton d’un boitier de commande. A l’issue du contrôle, les courbes de l’audiogramme révèlent le seuil à partir duquel le son devient inaudible. On parvient ainsi à évaluer l’acuité auditive de chaque oreille.

Comment interpréter un audiogramme ?

L’interprétation des courbes et l’analyse du médecin déterminent le type de déficience auditive. En comparant les résultats avec ceux d’un audiogramme normal, il est possible de mesurer le déficit subi.

Le seuil auditif exprimé en décibels (dB) correspond à l’axe vertical. La fréquence en hertz (Hz) est représentée sur l’axe horizontal. Selon les seuils à partir desquels les sons ne sont plus entendus, on parle de surdité légère, moyenne, sévère ou profonde.

  • Surdité légère
    Elle correspond à une déperdition auditive comprise en 20 et 40 dB. La parole normale est perçue mais quelquefois incomprise.
  • Surdité moyenne
    La surdité est dite moyenne quand la baisse de l’audition se situe entre 40 et 70 dB. L’interlocuteur doit parler fort pour être compris.
  • Surdité sévère
    Une surdité qui présente une chute de 70 à 90 dB est considérée comme sévère. Le discernement des mots est très difficile.
  • Surdité profonde
    Enfin, la surdité est qualifiée de profonde si la dégradation auditive dépasse les 90 dB. Dans ce cas de figure, la parole est incomprise. On distingue cependant trois types de surdité profonde selon les déficiences suivantes :

    1. Type 1 pour une perte de l’audition comprise entre 90 à 100 dB,
    2. Type 2 pour une diminution allant de 100 à 110 dB,
    3. Type 3 pour une perte auditive de plus de 110 dB.

La lecture des courbes audiométriques obtenues apporte également une information sur la nature de la déficience. Soit le problème est localisé dans l’oreille moyenne (surdité de transmission), soit il est situé au niveau de l’oreille interne (surdité de perception). Dans certains cas, oreille interne et oreille moyenne sont toutes les deux concernées.

Surdité de perception

La surdité de perception est liée à la destruction des cellules ciliées de l’oreille interne. Dans ce cas, on parle de presbyacousie. Le patient qui en souffre témoigne souvent de la présence d’un acouphène au creux de l’oreille. Plusieurs causes sont possibles : le bruit, les maladies ou l’âge. Le recours à des implants auditifs comme l’implant cochléaire est parfois nécessaire pour retrouver une ouïe satisfaisante.

Surdité de transmission

La surdité de transmission correspond à un défaut dans le système qui transmet les vibrations de l’air à l’origine du son. Certaines maladies telles que l’otospongiose, une malformation anatomique ou une otite séreuse peuvent être à l’origine de la difficulté à bien entendre. La surdité de transmission se traite en général par la chirurgie.

Si vous souffrez d’un acouphène, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé. La réalisation d’un audiogramme permettra de déterminer l’ampleur de l’atteinte. Le spécialiste apportera ensuite une solution appropriée pour résoudre tout ou partie du problème. Si besoin, renseignez-vous sur le prix d’un appareil auditif. Vérifiez aussi si le tarif proposé est correctement pris en charge par la sécurité sociale et si le niveau de remboursement par votre mutuelle est satisfaisant.

Enfin, sachez qu’on trouve sur internet des sites qui proposent de passer un audiogramme en ligne. L’utilisation d’un tel service gratuit ne constitue pas un examen médical. Les résultats qu’il délivre doivent être utilisés avec précaution.