La vitamine B12 peut-elle soulager les acouphènes ?
La vitamine B12 est indispensable à la protection des nerfs auditifs. Une carence peut endommager la gaine de myéline, cette enveloppe isolante qui protège les fibres nerveuses. Sans cette protection, le nerf cochléaire transmet des signaux aberrants au cerveau, interprétés comme des hallucinations auditives : les acouphènes apparaissent.
Selon certaines études, près de la moitié des personnes souffrant d’acouphènes chroniques présenteraient une insuffisance en vitamine B12. Une supplémentation en méthylcobalamine, forme active de la B12, permettrait d’atténuer les sifflements. D’autres nutriments sont déjà connus pour préserver l’audition : vitamines A, C, D, E, magnésium, zinc. Explications.

Quel est le rôle de la vitamine B12 dans les acouphènes ?
La vitamine B12 participe au maintien de l’intégrité du système nerveux. Sans elle, la myéline se dégrade et le nerf auditif devient vulnérable en envoyant des signaux anarchiques au cerveau. Ces perturbations sont à l’origine des acouphènes.
La méthylcobalamine, forme bioactive de la B12, permet non seulement de réparer les lésions nerveuses, mais aussi de moduler la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Une double carence en B12 et en mélatonine peut donc aggraver le trouble auditif et le rendre encore plus difficile à supporter.
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Quelles sont les études scientifiques sur le sujet ?
Une étude israélienne publiée en 1993 dans l’American Journal of Otolaryngology[1], a montré que 47 % des patients acouphéniques étaient carencés en vitamine B12. Une supplémentation a permis d’atténuer les sifflements chez plus de la moitié des participants.
Une étude indienne de 2016, publiée dans Noise & Health[2], a confirmé ces résultats. Même sans carence avérée, des niveaux limites de B12 peuvent avoir un impact sur le ressenti des acouphènes.
Qui est concerné par un déficit en vitamine B12 ?
Contrairement aux idées reçues, les carences en B12 ne sont pas rares. Elles touchent en particulier les végétariens et les végétaliens, dont l’alimentation est dépourvue de sources animales, principales pourvoyeuses de cette vitamine. Les personnes consommant peu de produits laitiers ou ayant contracté une infection à Helicobacter pylori, une bactérie qui s’attaque à la muqueuse gastrique, sont également concernées.
Les seniors de plus de 65 ans sont aussi exposés aux insuffisances vitaminiques. Même avec un régime alimentaire varié, leur organisme ne produit plus suffisamment de facteur intrinsèque, une glycoprotéine sécrétée par les cellules pariétales de la muqueuse de l’estomac, nécessaire à l’absorption de la B12. Résultat : la vitamine traverse le système digestif sans être assimilée. Dans ce cas de figure, les acouphènes sont un signal d’alerte qui révèle un déficit implicite.
Comment se supplémenter en vitamine B12 ?
Toutes les formes de B12 ne se valent pas. La méthylcobalamine, naturelle et bioactive, est facilement assimilable par l’organisme. Synthétisée par des bactéries présentes dans les aliments et l’intestin des animaux, on la trouve principalement dans le foie de bœuf, la volaille, les palourdes, les huîtres, le maquereau, le saumon, la sardine, les oeufs et le fromage blanc. La méthylcobalamine est également disponible sous forme de comprimés, accessible en pharmacie sans ordonnance.
À l’inverse, la cyanocobalamine, vitamine B12 d’origine synthétique, doit passer par deux étapes de conversion pour devenir active dans le corps. Ce processus est parfois moins efficace chez les personnes âgées (atrophie gastrique, baisse de l’acidité stomacale) et les individus présentant une fatigue chronique.
Pour les profils à risque, une dose quotidienne de 1000 à 3000 microgrammes est préconisée, en gélules ou comprimés, avec une cure de plusieurs semaines pour observer des améliorations. Notez que de nombreux compléments alimentaires destinés à lutter contre les acouphènes en contiennent (Audistim, Cimizen).
Cependant, la supplémentation ne porte ses fruits que si une carence est avérée. Si vos taux sanguins sont normaux, prendre de la B12 n’aura aucun effet. Au contraire, un excès de vitamine B12 n’est pas toxique mais pourrait masquer d’autres manques nutritionnels.
Par ailleurs, la cause des acouphènes est multiple : stress, exposition prolongée au bruit, dommages neurologiques… Pour identifier la source du problème et adapter la prise en charge, un bilan médical est indispensable.
Quels autres nutriments pour l’audition ?
La vitamine B12 n’est pas la seule à être impliquée dans l’audition. Par exemple, la vitamine D renforce les osselets de l’oreille moyenne. Les vitamines A, C et E protègent les cellules de l’oreille interne grâce à leur pouvoir antioxydant. Le magnésium et le zinc, quant à eux, servent à prévenir les dommages sonores. De fait, une alimentation riche en ces nutriments atténue les acouphènes et prévient leur apparition .
Quels aliments privilégier ? En priorité les poissons gras, le foie et le jaune d’œuf pour la vitamine D. Les agrumes, les poivrons et les brocolis pour la vitamine C. Les amandes, les fruits secs et les légumineuses pour le magnésium et le zinc. Le fait de varier les sources de nutriments garantit une meilleure acuité auditive.



